Protection du corps féminin (Québec)

22 janvier 2009

Action en 2009

Dans le but de lancer une sensibilisation pour la non-épilation - nous lancons un projet artistique. Ce projet se veut une mosaïque de différentes photos de femmes ayant les aisselles non-épilés. Nous demandons à toute celles qui veulent participer à ce projet de nous envoyer les coordonnées par email. Toutes celles qui le veulent peuvent envoyer aussi leurs propres photos par email (si la photo est assez de bonne qualité ). Pour celles qui demeure dans la région de Montréal, un photographe sera mis à la disposition de celles qui le voudront afin de tirer quelque portraits de vos aisselles.

Pour contacter le coordonateur du projet veuillez le faire avec cette adresse ici :

productionunderarms@live.ca

La même adresse servira pour l'envoie de vos fichiers ou pour questions ou commentaires.

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Pourquoi s'attaquer à l'épilation ?

N'y a-t-il pas  des combats plus importants ?
D'abord dans notre société TOUTES les femmes sont confrontées à la question de l'épilation (la pratique ou le regard des autres) et ce dans leur vie quotidienne et durant toute leur vie : ce n'est donc pas une mince affaire ! Or nous ne connaissons pas d'association féministe qui se préoccupe de cela.

Il existe certes des enjeux plus importants dans la lutte féministe mais pour mener à bien les luttes il faut mobiliser. Il faut donc des femmes (et des hommes) qui soient "conscientes" et non "aliénées". Nous ne pensons pas que la cause féministe puisse être beaucoup soutenue par les femmes qui n'ont à l'esprit que leur régime minceur ou leur épilation-maillot et dont la seule lecture est leur magazine féminin.

Mis à part l'impact symbolique et idéologique de l'épilation, qui est d'une importance politique capitale, s'arracher ou se couper les poils n'a objectivement (c'est à dire du point de vue dermatologique) QUE des inconvénients.

  • L'épilation rend symboliquement le femme mineure et la désexualise car le poil, apparaissant à la puberté, est un signe de maturité sexuelle ;
  • L'épilation (d'autant plus si elle est intégrale) banalise l'image d'un corps désirable de petite fille : ne banalise-t-elle pas la pédophilie ?
  • Symboliquement la touffe de poil des aisselles renvoie aux poils pubiens (on peut le lire sous la plume d'écrivains ou commentateurs notamment du XIXème siècle) donc l'enlever est une dé-érotisation. Il en va de même pour les poils qui dépassent du maillot. De plus l'épilation et la désodorisation suppriment les phéromones (dimension olfactive de l'érotisme).
  • S'épiler (ou se maquiller...) c'est "se FAIRE belle". Autrement dit cela signifie que la femme naturelle est laide (c'est une des idées les plus misogyne qui soit !).
  • Cette norme est sexiste puisqu'elle demande aux femmes de faire des efforts qui ne sont pas demandés aux hommes. Mais cela change...
  • Depuis des siècles prédomine dans les représentations médicales et psychologiques l'idée que la femme est incontrôlable, hystérique et plus proche de la nature que l'homme. Ces idées perdurent dans "l'inconscient collectif". Les hommes ont toujours cherché a contrôler les femmes. Contraindre leur corps en est un des moyens, il est d'autant plus efficace que la femme s'autodiscipline.
  • C'est une lutte féministe pour le droit à disposer de son corps et à en préserver l'intégrité. Les féministes ont obtenu des avancées sur le plan légal mais on peut craindre un recul insidieux par le biais de cette "colonisation des esprits" (aliénation). Aujourd'hui, pour une femme, ne pas s'épiler les aisselles est devenu un acte militant !
  • L'épilation : norme et idéologie

  • L'épilation est un domaine sur lequel il existe un consensus apparent : une illusion de consensus (car celles qui ne sont pas d'accord n'osent pas faire entendre leur voix) : donc faire son « coming out » brisera l'apparence de consensus ;
  • c'est un domaine ou règne la propagande et la pensée unique (c'est à dire l'absence de pensée) ;
  • L'épilation constitue un bon exemple d'artificialisation et d'aseptisation du corps (rejet de la nature) ; le corps doit être rendu socialement acceptable pour pouvoir être montré ;
  • L'épilation est une norme, elle se maintient par le contrôle social (regard appuyés, remarques désobligeantes, conseils "amicaux", mise à l'écart...) qu'exercent sur les femmes "déviantes" (en fait résistantes !) celles qui ont intériorisé la norme. L'idéologie libérale prétend que "chacun est libre de faire ce qu'il veut", ce n'est pas du tout le cas en matière d'épilation à cause de cette pression sociale qui s'exerce.
  • La "mode" de l'épilation a pour but de faire du bénéfice sur le dos des femmes, la marchandisation du corps est bien une des dimensions de l'idéologie capitaliste libérale ;
  • Le corps dont la publicité veut faire rêver a pour référence négative l'animalité ; et pour idéal implicite : la chose, la machine. Bref la déshumanisation.
  • Ce sujet a une dimension culturelle car il s'agit de la redéfinition des critères esthétiques par des intérêts économiques ;
  • Ce sujet montre comment le politique et l'économie touchent le domaine le plus intime : notre corps et son intégrité (le corps marchandise). Cela illustre le célèbre slogan féministe « le privé est politique ».
  • Ce sujet permet de décliner les théories de la psychologie sociale et de la psychanalyse politique Reichienne en quelque chose de concret et qui concerne la majorité des gens dans leur quotidien.
  • L'exemple de l'épilation montre comment une pratique et les valeurs associées, favorables aux classes dominantes (à ceux qui font du profit ; aux hommes puisque la femme est dévalorisée) est intégrée par les dominés. On retrouve là le processus de "matérialisation de l'idéologie dominante dans la structure psycho-corporelle des individus noyés dans la masse" décrit et expliqué par Wilhelm Reich dans "psychologie de masse du fascisme".
  • Posté par Administrateur09 à 15:10 - Permalien [#]